Des responsables juifs réclament une intervention de la police suite à des actes de propagande antisémite lors d'une manifestation hebdomadaire
Toronto, Ontario – 16 mars 2026 – Des responsables juifs issus de trois grandes organisations communautaires ont adressé une lettre au chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, condamnant les propos et les images antisémites affichés lors d’une manifestation qui s’est tenue à l’angle de Bathurst Street et de Sheppard Avenue le 15 mars 2026, et appelant à l’application immédiate du Canadalois du Canadacontre la haine. Ils ont publié la déclaration suivante :
« Ce week-end, à Toronto, des manifestants extrémistes ont ouvertement menacé de recourir à la violence, glorifié le terrorisme et affiché des images présentant les Juifs comme des sous-humains, faisant ainsi écho aux discours d’incitation à la haine de l’époque nazie. Ces actes ne sont pas abstraits ; ils constituent une atteinte directe à la sécurité et à la dignité de nos communautés, ainsi qu’aux valeurs que le Canada prétend défendre dans la sphère publique. »
« À ce jour, aucune arrestation n’a été effectuée. Cette absence de mesures coercitives envoie un signal dangereux : celui selon lequel la désescalade pourrait primer sur le respect de la loi. Les communautés juives en sont réduites à se poser une question cruciale : si les représentations des Juifs comme de la vermine et les appels à la destruction de l’État juif ne satisfont pas aux critères des lois canadiennes sur la propagande haineuse, qu’est-ce qui y répond alors ? »
« Partout dans le monde, les forces de l’ordre prennent conscience des dangers de l’inaction. À la suite des attaques contre la synagogue de Manchester au Royaume-Uni, les autorités sont passées d’une gestion passive des foules à une application proactive des lois contre l’incitation à la haine. Ici, à Toronto, les policiers sont formés pour identifier et intervenir face à antisémitisme aux incidents motivés par la haine — mais cette formation ne semble pas avoir donné lieu à une réaction immédiate face aux symboles et à la rhétorique odieux affichés ce week-end. »
« Le juge Robert Centa, de la Cour supérieure de l’Ontario, a récemment souligné que la sécurité publique dépendait de l’application des lois pénales en vigueur. Pourtant, des synagogues sont la cible de tirs, et des foules d’extrémistes défilent dans les quartiers juifs, tandis que le statu quo perdure. Ce n’est pas seulement inacceptable : c’est une menace croissante pour la vie d’innocents. »
« Nous exigeons que les services de police de Toronto prennent des mesures immédiates et fermes pour protéger nos communautés et faire respecter la loi contre la haine et l'incitation à la haine. La sécurité de notre ville en dépend. »
CITATIONS
Michelle Stock, vice-présidente – Ontario, Centre consultatif des relations juives et israéliennes CIJA)
« Lesimages et les menaces diffusées ce week-end ne relèvent pas de la contestation, mais de la haine. Elles visent à terroriser notre communauté et à banaliser la violence à l’encontre des Juifs. Ce n’est pas sans raison que ces lois existent. Chaque jour où ces actes restent impunis, chaque image qui n’est pas contrôlée, envoie un message clair : la haine est tolérée. C’est inacceptable, et la police de Toronto doit agir dès maintenant pour faire respecter la loi et protéger notre communauté. »
Richard Roberston, directeur de la recherche et de la défense des intérêts, B’nai Brith Canada
« L'affichage de pancartes antisémites lors d'une manifestation publique ne constitue pas une forme de rassemblement pacifique. Il s'agit d'un délit. Il doit faire l'objet d'une enquête en tant que tel. Si les faits le justifient, des poursuites doivent être engagées. Il faut appliquer une tolérance zéro à l'égard de la promotion et de l'incitation délibérées à la haine. Lorsque des manifestations incitent à la haine et la favorisent, elles doivent être interdites. »
Sara Lefton, directrice du développement, United Jewish Appeal of Greater Toronto (UJA)
« Avec trois synagogues prises pour cible par des tirs en l’espace d’une semaine, nous constatons de nos propres yeux comment les propos et les images haineux visant la communauté juive, tels que ceux affichés dimanche, se sont transformés en actes de violence motivés par la haine. C’était prévisible, et c’est ce contre quoi nous mettons en garde depuis des années. Il faut que la police passe à l’action dès maintenant et commence à poursuivre ces personnes pour incitation à la haine, un délit clairement défini dans le Code criminel canadien. »
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