Quelques réflexions personnelles à l'approche de la fin de mon mandat
Mon mandat de deux ans à la présidence du CIJA prend fin cette semaine. Je n’avais pas choisi de diriger notre organisme national de défense des droits pendant la période la plus tumultueuse de l’histoire récente, mais ce fut pour moi un honneur.
Me retrouver au cœur de la tempête a été à la fois exaspérant, frustrant, inspirant et une leçon d’humilité. Mais tout cela n’a fait que renforcer ma détermination, et je vois cette même détermination grandir au sein de notre communauté. Avant de passer le relais à notre nouveau président, Michael Aronovici, je voudrais partager quelques réflexions. Il s’agit là de mes observations personnelles.
Une maison divisée ne peut tenir debout. L'une des missions principales de la CIJA a toujours été de collaborer avec les groupes de défense des droits, tant institutionnels que locaux, à travers le pays, et de les rassembler. Nous n'avons pas besoin d'être toujours d'accord, mais pour lutter contre des adversaires bien financés, organisés et déterminés, nous devons faire front commun. Sinon, nous ne tiendrons pas le coup.
Nous ne pouvons pas vaincre antisémitisme, mais nous pouvons vaincre les antisémites. antisémitisme 2 500 ans, il est versatile et profondément ancré. Son éradication n’est pas un objectif réaliste. Ce que nous pouvons faire, c’est lutter contre les antisémites eux-mêmes et les vaincre. Nous gagnerons en mobilisant la majorité silencieuse des Canadiens qui ne veulent pas que leur pays soit dominé par un extrémisme violent et anarchique. Le Canada a été bâti sur l'État de droit, la démocratie et un contrat social qui mérite d'être défendu.
Les Canadiens se joignent à nous dans ce combat. Et si nous agissons comme il faut, les chiffres sont de notre côté, et les responsables politiques trouveront le courage de repousser l’extrémisme. Par le biais de la législation, des tribunaux, de la police et du plaidoyer politique — autant d’actions que nous menons activement et avec succès —, nous luttons aux côtés de nos alliés pour offrir à nos enfants un espace où ils pourront vivre librement, en sécurité et s’épanouir. C’est sur ce principe que repose la stratégie de la CIJA. Nous remportons des batailles. Nous pouvons en remporter davantage, et nous devons nous préparer à gagner la guerre.
Nous devons dire la vérité — sans détours, avec honnêteté, sans hésitation et avec fermeté. On ne nous écoutera pas si nous restons évasifs ou obséquieux. On nous écoutera et on nous respectera lorsque nous revendiquerons ce qui nous revient en tant que citoyens, que nous dénoncerons la pourriture qui ronge la société canadienne et que nous affirmerons clairement qu’il y a un prix à payer pour ne pas respecter la loi. Les Canadiens l’exigeront.
Nous ne pouvons pas nous permettre d’être coupés du peuple et de la terre d’Israël. Nous pouvons être en désaccord avec sa politique et critiquer sa stratégie. Mais comme l’écrit le rabbin Soloveitchik dans *Fate and Destiny*, pendant deux mille ans, les Juifs ont pu être persécutés et tués en toute impunité parce qu’ils ne disposaient d’aucun pouvoir souverain. Israël a complètement bouleversé cette donne ; les antisémites ne se trouvent plus face à une communauté sans défense. Soutenir Israël n’est pas une préférence politique — c’est une question de survie physique du peuple juif. On ne vainc pas les antisémites par la complaisance ou l’apaisement, mais par le pouvoir souverain, la fierté collective et la volonté de défendre la vie juive. Israël offre ces trois éléments.
Enfin, je suis fier de la CIJA que nous avons reconstruite et j’ai pleinement confiance en elle. Nos dirigeants et notre personnel sont dynamiques, animés par notre mission, travailleurs et professionnels. La stratégie — qui englobe la communication, la mobilisation communautaire, les tribunaux et le plaidoyer auprès des pouvoirs publics — porte ses fruits. La bataille se poursuit et nous ne remporterons pas toutes les escarmouches, mais nous avons déjà accompli beaucoup de choses.
Merci pour votre soutien, vos conseils, vos questions et vos remarques — tout cela m'a été d'une aide précieuse. Mais surtout, merci à l'incroyable équipe du CIJA. Je vous adresse cette prière : «Chazak v'chazak v'yitchazak » —puissiez-vous aller de succès en succès.
Je cède maintenant la parole à Michael, notre nouveau président. Je me réjouis de rester au sein du conseil d'administration sous sa direction et de poursuivre le combat.
Shabbat shalom,
Elan