Réponses des candidats à la mairie de Toronto aux questions de la population : Brad Bradford
Afin d’aider les membres de notre communauté à mieux comprendre les priorités des candidats à la mairie de Toronto, la CIJA leur a demandé de présenter les mesures concrètes qu’ils comptent prendre, une fois élus maires de Toronto, pour rétablir la sécurité, l’ordre et la dignité au sein de notre communauté juive et pour tous les habitants de notre ville. Vous trouverez ci-dessous la réponse de Brad Bradford.
En tant que maire, quelles mesures concrètes prendriez-vous pour renforcer les actions de prévention, de signalement, d’enquête et d’intervention de Toronto face aux crimes motivés par la haine, y compris l’ antisémitisme?
Pour lutter contre la crise de la haine, il faut passer d’une attitude réactive à une approche proactive et préventive, soutenue par une application effective de la loi. En tant que maire, je mettrai en œuvre les mesures suivantes :
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Renforcer et développer l’unité chargée des crimes de haine (HCU) du TPS : je soutiendrai l’octroi d’un financement spécifique pluriannuel visant à renforcer les effectifs d’enquêteurs, d’agents du renseignement et d’analystes civils au sein de l’unité chargée des crimes de haine. L’HCU doit disposer des capacités d’enquête nécessaires pour surveiller les réseaux extrémistes, évaluer les menaces en ligne avant qu’elles ne dégénèrent en violences et engager rapidement des poursuites en vertu des dispositions du Code pénal (notamment les articles 318 et 319).
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Recruter 1 000 nouveaux agents de police : le manque d’effectifs dans l’ensemble de nos divisions a gravement compromis les délais d’intervention et les patrouilles proactives. J'ai pris un engagement clair dans mon programme électoral : recruter, former et déployer 1 000 nouveaux agents de police à Toronto. L'augmentation des effectifs de première ligne garantit que les agents ne se contentent pas de courir d'une intervention à l'autre, mais qu'ils soient visiblement présents dans les quartiers vulnérables — tels que les axes Bathurst–Lawrence, Bathurst–Sheppard et Bayview —, ce qui constitue un moyen de dissuasion immédiat contre les actes d'intimidation.
- Groupe de travail tripartite chargé de l’application de la loi : Sous ma direction, la ville de Toronto collaborera avec la Police provinciale de l’Ontario (OPP), la GRC et le ministère du Procureur général afin de mettre en place un protocole d’application de la loi intégré. Trop souvent, les accusations portées par les agents du TPS sont suspendues ou rejetées par les procureurs de la Couronne. Je plaiderai avec force en faveur de la création d’équipes spécialisées dans les poursuites pour crimes de haine au sein du bureau du procureur de la Couronne, afin de garantir que ces accusations entraînent des conséquences judiciaires significatives.
Comment comptez-vous mettre à profit votre rôle au sein du Conseil du Service de police de Toronto pour veiller à ce que la lutte contre la haine et la protection des communautés vulnérables restent des priorités claires de l'action policière, notamment grâce à des ressources adaptées, à des formations et à la publication de rapports destinés au public ?
La responsabilité commence au plus haut niveau. Le refus de l’actuel maire de siéger au Conseil du Service de police de Toronto (TPSB) témoigne d’un manque de leadership. En juillet 2026, j’ai coparrainé la motion MM43.50 (« Le siège du maire : rétablir la responsabilité directe du maire au sein du Conseil du Service de police de Toronto ») aux côtés du conseiller James Pasternak afin d’instaurer une responsabilité directe du maire en matière de maintien de l’ordre.
En tant que maire :
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Je siégerai personnellement au conseil d’administration de la police : Dès le premier jour, je prendrai la place qui m’ revient au sein du conseil d’administration du Service de police de Toronto. Il est impossible de superviser un budget policier de plus de 1,2 milliard de dollars ou d’assurer la protection de la communauté si l’on refuse de siéger au conseil où sont définies les politiques, où sont allouées les ressources et où les dirigeants sont tenus de rendre des comptes. Le chef de la police et la direction exécutive rendent compte au conseil ; je veillerai à ce que celui-ci exige des résultats.
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Mise en place d’une formation obligatoire contre la haine et l’ antisémitisme e : par l’intermédiaire du Conseil d’administration, je plaiderai en faveur d’une formation continue complète et récurrente pour toutes les recrues et tous les agents de première ligne du TPS au sein du Collège de police de Toronto. Cette formation sera élaborée en consultation directe avec le Comité des parties prenantes juives mis en place par le TPS, afin de doter les agents de première ligne de l’assurance juridique et des connaissances nécessaires pour intervenir lors de manifestations illégales et d’actes d’intimidation motivés par la haine.
- Imposer des rapports publics détaillés et transparents : Je demanderai la publication trimestrielle, division par division, de rapports publics sur les cas de crimes de haine, les taux de mise en accusation et les issues des poursuites, afin de garantir une transparence totale envers le public et le conseil municipal. Nous travaillerons avec la province, notamment avec le solliciteur général et le procureur général, afin de mettre en place un système de rapports raisonnable qui nécessitera une collaboration entre tous les niveaux de gouvernement.
Comment veilleriez-vous à ce que la glorification du terrorisme, l'intimidation et le harcèlement ciblé soient traités rapidement et de manière cohérente ?
À Toronto, des places publiques et des rues résidentielles ont été transformées en lieux de rassemblements haineux, où des drapeaux d’organisations classées comme terroristes ont été brandis et où des appels ouverts à la violence ont retenti devant des institutions municipales. L’attitude permissive adoptée par les dirigeants de la ville au cours des trois dernières années a enhardi les extrémistes.
Je vais rétablir l'ordre et tracer une ligne claire :
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Application des injonctions et des interdictions pénales : personne ne dispose d’un droit illimité, au titre de la Charte, de harceler des communautés, de glorifier le terrorisme ou d’intimider les habitants. En tant que maire, j’utiliserai tous les moyens municipaux et juridiques à notre disposition pour empêcher les rassemblements visant à promouvoir la violence ou à glorifier le terrorisme.
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Application du règlement municipal sur la sécurité intitulé « Bubble Zone » : C'est moi qui ai présenté en 2023 la motion initiale au Conseil municipal visant à établir des zones de protection autour des lieux de culte, des écoles confessionnelles, des crèches et des établissements culturels. En tant que maire, je travaillerai avec les services municipaux et les responsables locaux pour veiller à ce que ce règlement offre la protection dont les communautés ont besoin.
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Interdiction du port de masques visant à dissimuler l’identité lors d’infractions motivées par la haine : les auteurs d’actes d’intimidation se cachent souvent derrière des masques. Je collaborerai avec nos homologues provinciaux et fédéraux afin d’interdire le port de masques lors de rassemblements illégaux et de troubles à l’ordre public visant à entraver la justice et à échapper à l’identification.
- Tolérance zéro envers le harcèlement résidentiel et commercial : les manifestations visant des résidences privées, des petites entreprises appartenant à des Juifs ou des établissements de santé (comme le harcèlement ciblé observé à l’hôpital Mount Sinai et dans des restaurants tels que Limon) franchissent la frontière entre la manifestation pacifique et le harcèlement potentiellement criminel. Je donnerai pour instruction aux agents chargés de l’application des règlements municipaux et au Service de police de Toronto (TPS) de faire respecter strictement les lois existantes en matière de bruit, de rassemblement et de lutte contre le harcèlement à l’encontre de ceux qui s’en prennent à des civils sur leur lieu de vie et de travail. Cela inclut l’application des règlements municipaux existants relatifs aux « zones de protection ». De plus, je veillerai à ce que la police de Toronto dispose des ressources nécessaires et bénéficie d’une coordination adéquate pour faire respecter la loi de manière cohérente et sans délai.
Quels investissements municipaux privilégieriez-vous pour renforcer les infrastructures de sécurité ?
La communauté juive ne peut pas être laissée seule à supporter les coûts exorbitants liés à la protection de ses propres écoles, centres communautaires et synagogues contre les attaques violentes. Aucune communauté ne devrait avoir à assumer cette charge. Mon administration donnera la priorité à des investissements en matière de sécurité qui soient concrets et à fort impact :
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Élargir et accélérer les subventions en matière de sécurité physique : En décembre 2024, le Conseil municipal a alloué une enveloppe initiale de 2,5 millions de dollars à des subventions destinées aux infrastructures de sécurité physique (notamment des bornes de protection visant à prévenir les attaques hostiles à la voiture bélier). Cependant, la mise en œuvre a été lente et entravée par les formalités administratives municipales. En tant que maire, j’augmenterai cette enveloppe de subventions et mettrai en place une procédure de demande accélérée afin que les institutions confessionnelles et les structures vulnérables puissent accéder immédiatement aux fonds dont elles ont besoin.
- Renforcement et éclairage des espaces publics : la Ville accordera la priorité aux aménagements des emprises municipales situées à proximité immédiate des installations à haut risque. Cela comprend l'installation d'un éclairage public à haut rendement, la suppression des obstacles visuels et la mise en place de mobilier urbain fixe conçu pour empêcher l'accès des véhicules.
Comment veilleriez-vous à ce que la Ville lutte efficacement contre l'antisémitisme e en son sein, afin que les services municipaux soient fournis sans discrimination ni préjugés à l'égard de la communauté juive ?
Il est impossible de lutter contre l’ antisémitisme e à l’extérieur si la mairie le tolère au sein même de son administration, de ses organismes et de ses services publics. Pour qu’une ville soit sûre et inclusive, il faut que les employés juifs, les bénéficiaires des services et les partenaires communautaires soient traités avec une équité et un respect absolus.
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Formation obligatoire sur le thème « antisémitisme » pour le personnel municipal et les services de la ville : je demanderai au directeur général de la ville et à la division « People & Equity » d’intégrer le thème « antisémitisme » dans les modules de formation de la ville consacrés à la diversité, à l’équité et à l’inclusion (DEI). Chaque responsable municipal, coordinateur des loisirs, administrateur de bibliothèque et agent de première ligne recevra une formation claire sur la manière dont le « antisémitisme » se manifeste aujourd’hui dans la vie civique.
- Protection et sécurité psychologique des agents municipaux juifs : depuis octobre 2023, nous avons reçu des témoignages inquiétants faisant état d’agents municipaux juifs et de membres de syndicats confrontés à de l’hostilité, à l’isolement et à des doubles standards sur leur lieu de travail. Je mettrai en place un mécanisme de signalement indépendant, géré par un organisme tiers, au sein de l’Unité des droits de l’homme et de la lutte contre le harcèlement et la discrimination de la Ville, afin de traiter de manière impartiale les plaintes internes pour antisémitisme, en garantissant des enquêtes rapides et des mesures disciplinaires appropriées.
Quelles mesures prendriez-vous pour garantir que les espaces appartenant à la ville et financés par des fonds publics, notamment les bibliothèques, les centres de loisirs et autres installations municipales, ne soient pas utilisés pour des programmes ou des événements qui incitent à la haine, glorifient la violence ou enfreignent le Code des droits de la personne de l'Ontario ?
Les biens publics appartiennent aux habitants de Toronto. Ils ne doivent en aucun cas servir de tribune à la propagande haineuse, à l'extrémisme ou à l'incitation à la violence.
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Réforme rigoureuse et application stricte de la politique municipale relative aux actes haineux : la politique municipale existante en matière d’actes haineux interdit explicitement l’accès aux lieux publics de la ville aux personnes ou groupes qui prônent la discrimination, le mépris ou la haine. Cependant, le respect de cette politique reposait jusqu’à présent sur un formulaire d’autocertification dépourvu de toute force contraignante. Sous mon administration, un contrôle supplémentaire sera exigé pour les groupes souhaitant obtenir des autorisations d’occupation des places publiques (notamment Nathan Phillips Square), des bibliothèques publiques, des centres communautaires ou des espaces verts.
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Annulation immédiate du permis et sanctions financières : Si un rassemblement, un meeting ou un événement autorisé enfreint la politique municipale, fait l’apologie d’organisations désignées comme terroristes ou viole le Code des droits de la personne de l’Ontario, le personnel municipal et les agents chargés de l’application des règlements seront habilités et chargés de révoquer immédiatement le permis. De plus, l’organisme organisateur se verra infliger des pénalités visant à couvrir les frais liés aux interventions policières et au nettoyage municipal, et sera inscrit sur une liste noire l’empêchant de réserver des installations à l’avenir.
- Contrôle des organismes autonomes (Bibliothèque publique de Toronto et Civic Theatres) : Tout en respectant leur indépendance opérationnelle, les institutions publiques financées par les contribuables de Toronto ne peuvent agir en toute impunité en matière de discours de haine. Je m'engagerai directement auprès du conseil d'administration de la Bibliothèque publique de Toronto et de celui des Théâtres municipaux de Toronto afin d'aligner leurs directives en matière de réservation de salles et de parrainage d'événements sur des normes strictes de lutte contre la haine, garantissant ainsi que les espaces publics ne servent pas de tribune à des orateurs qui incitent à la haine contre une quelconque communauté de la ville.
En tant que maire, que feriez-vous pour assurer un leadership public clair et cohérent dans la lutte contre l'antisémitisme e et l'extrémisme, et pour veiller à ce que les institutions municipales réagissent de manière transparente et cohérente lorsque des incidents motivés par la haine se produisent ?
La qualité essentielle du leadership d'un maire est la clarté morale. Au cours des trois dernières années, la communauté juive de Toronto a été confrontée à des tergiversations, des hésitations et une absence de soutien alors qu'elle avait besoin d'un défenseur.
Lorsque l’association des avocats juifs « du Canada » a organisé en septembre 2026 un débat entre candidats à la mairie pour discuter de la hausse de l’ antisémitisme e et de la sécurité publique, j’y ai assisté. J’y ai participé parce que diriger, c’est affronter de front les problèmes difficiles. Le rôle du maire est d’être le maire de tous, ce qui implique de se montrer présent pour mener ces discussions difficiles et de rendre des comptes.
En tant que maire, je montrerai l'exemple :
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Une clarté morale sans compromis : lorsqu’une école de filles est la cible de coups de feu ou que des drapeaux sont incendiés devant un lieu de culte, il ne s’agit pas d’une manifestation politique. Il s’agit d’actes ciblés d’intimidation et de terreur. J’appellerai la haine par son nom, rapidement, publiquement et sans équivoque.
- Aux côtés de la communauté : Je serai présent sur le terrain, je me rendrai dans les établissements concernés, je marcherai aux côtés des membres de la communauté et je rencontrerai des parents, des éducateurs et des responsables religieux. Un maire donne le ton sur le plan culturel et civique à l’ensemble de la ville. Lorsque le public voit le maire aux côtés des communautés concernées, cela envoie un message sans équivoque : une attaque contre une communauté est une attaque contre l’ensemble de Toronto.
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Protocole d'intervention rapide du maire en cas d'incident : Lorsqu'un crime de haine grave ou un incident violent se produit, je convoquerai immédiatement une réunion d'urgence avec le chef de la police, le directeur municipal et les responsables communautaires afin de mettre en place des mesures de sécurité immédiates sur le terrain, puis j'organiserai une conférence de presse dans les 12 heures.
- Une responsabilité interinstitutionnelle transparente : sous mon mandat, la Ville ne se cachera pas derrière des enquêtes bureaucratiques ou des rapports administratifs reportés. Nous publierons des informations transparentes concernant les incidents motivés par la haine, les mesures répressives prises et le déploiement des ressources municipales.