Un manque préoccupant de transparence, d'intégrité et de dialogue : lettre commune adressée au conseil d'administration du CMHR

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CIJA
|3 juillet2026

 
3 juillet 2026
Président du conseil d'administration et du conseil des administrateurs
Musée canadien des droits de la personne
85, Israel Asper Way
Winnipeg, MB 

Objet : La Palestine déracinée : la Nakba, hier et aujourd’hui 

Cher Monsieur Nycum et chers membres du conseil d'administration, 

Nous vous écrivons au nom d'organisations qui, ensemble, représentent la grande majorité du Canada la communauté juive du Canada, dynamique et profondément enracinée. 

Nous agissons ainsi à un moment que notre Premier ministre qualifie de «crise de antisémitisme », et où le pacte civique canadien — le principe selon lequel tous les Canadiens doivent être traités équitablement et selon les mêmes règles — fait défaut Juifs canadiens. Un moment qui exige des Canadiens qu’ils « ne transposent pas entre eux des conflits étrangers » et des institutions publiques qu’elles « veillent à ce qu’aucune communauté canadienne ne soit chassée de ces institutions par la haine ». 

C'est dans ce contexte que nous tenons à faire part de nos vives préoccupations concernant l'exposition « Palestine Uprooted : Nakba Past and Present » du Musée canadien des droits de la personne, ainsi que ses lacunes désormais bien documentées en matière de conception et de gouvernance. 

Pendant des mois, nous avons collaboré de bonne foi avec le musée afin de veiller à ce que l'exposition respecte les normes d'exactitude historique, d'intégrité scientifique et de consultation significative requises pour remplir la mission du musée. Nous avons proposé l'aide d'experts reconnus dans ce domaine et avons maintes fois mis en garde contre le risque d'exclure les communautés directement concernées par le contenu de l'exposition, tout en s'appuyant sur les conseils de militants politiques. 

Au lieu d'engager un dialogue constructif, nos démarches auprès Chef de la direction Khan, Chef de la direction du musée, et Chef de la direction se sont heurtées à un manque inquiétant de transparence, d'intégrité et de dialogue constructif. 

Au lieu de répondre à nos préoccupations, notamment concernant l’implication d’un membre du réseau de conseil en matière de contenu qui a publiquement qualifié l’un des principes fondamentaux de notre foi de « maladie qu’il faut éradiquer », Mme Khan nous a simplement encouragés à faire confiance et à accepter le jugement contestable et la procédure opaque du musée.  

Le Chef de la direction publiquement laissé entendre que nos préoccupations étaient injustifiées, car nous n’avions pas vu l’exposition. Or, tout a été fait délibérément pour exclure du processus les représentants de la communauté et les experts susceptibles d’apporter un regard bienveillant à l’équipe de commissariat. Même le conseil d’administration du musée lui-même a été tenu à l’écart. Ce manque de contrôle a été l’un des facteurs qui ont conduit le seul administrateur juif du musée à démissionner. 

Dans le cadre du lancement de l’exposition, Mme Khan a accordé une interview à Samira Mohyeddin, militante anti-israélienne et défenseuse du régime iranien, qui a diffusé des mythes antisémites sur les réseaux sociaux. La décision d’accorder cette interview soulève de nouvelles inquiétudes quant à savoir si l’activisme politique a pris le pas sur les principes établis de gouvernance et de responsabilité institutionnelle.  

La gestion scandaleuse de cette exposition a désormais été confirmée par le gouvernement fédéral. Le ministre du Patrimoine, Marc Miller, a publiquement reconnu à la fois « une erreur de conservation » et « une erreur de gouvernance », critiquant notamment le fait que le Conseil n’ait pas examiné l’exposition avant son ouverture et affirmant que ces erreurs « devraient être imputées au Conseil, qui doit faire son travail ». 

Nous avons également déjà constaté les conséquences concrètes d’une exposition qui a dressé des communautés les unes contre les autres et encouragé le public à exprimer sa haine envers les Juifs, notamment en utilisant le musée comme tribune pour affirmer : « Laréconciliation, c’est renommer la rue Izzy Asper, Libérez la Palestine. »    

En résumé, cette exposition constitue un grave échec en matière de gouvernance, de programmation muséale et de confiance du public. Nous avons maintes fois fait part de nos préoccupations concernant l’exclusion des communautés concernées, le manque de transparence et l’absence de rigueur historique, mais ces avertissements ont été ignorés. Il en résulte une exposition qui risque d’attiser la haine et d’importer un conflit étranger au sein de la société canadienne, sans faire preuve de l’équilibre, de la rigueur et du sens du contexte exigés d’un musée national. 

Nous vous exhortons à remédier aux défaillances en matière de gestion et de gouvernance et à demander des comptes à Mme Khan.  

Nous attendons votre réponse avec impatience. 

Sincèrement, 
 

Simon Wolle, Chef de la direction, B’nai Brith Canada
Noah Shack, Chef de la direction, Centre consultatif des relations juives et israéliennes 
Les directeurs généraux des Fédérations juives tout le Canada 

 

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À propos du CIJA
Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes est l'agence de représentation de Fédérations juives du Canada -UIA, représentant Fédérations juives tout le Canada.