Noah Shack : Le lien entre terrorisme et criminalité en Iran constitue une menace croissante pour les Canadiens

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|21 juillet2026
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*** Publié par le National Post le 18 juillet 2026 : Le lien entre terrorisme et criminalité en Iran constitue une menace croissante pour les Canadiens | National Post

Le 18 juillet 1994, un kamikaze a foncé avec un camion bourré d'explosifs dans le centre communautaire juif de Buenos Aires, tuant 85 personnes et en blessant des centaines d'autres, lors de l'attentat terroriste le plus meurtrier de l'histoire de l'Argentine.

Au lendemain de cet attentat dévastateur, la communauté juive d’Argentine — la plus importante d’Amérique du Sud — s’est retrouvée à s’interroger sur sa sécurité et son avenir dans ce pays. Ce sentiment de peur a été exacerbé par le fait que les responsables sont restés inconnus pendant plus d’une décennie. Les procureurs ont finalement identifié l’auteur de l’attentat-suicide comme étant un Libanais de 21 ans, membre du Hezbollah, et ont conclu que l’attaque avait été orchestrée par la République islamique d’Iran.

Trente-deux ans plus tard, le régime islamique iranien continue de s'en prendre à des personnes partout dans le monde, y compris ici, au Canada.

En mars, au plus fort du conflit avec l'Iran, notre communauté a été bouleversée lorsque trois synagogues de Toronto ont été la cible de tirs, un événement qui a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Ces attaques se sont produites dans un contexte marqué par des actes de violence similaires visant des militants iraniens et le consulat américain à Toronto.

Ces incidents ont été suivis d'une série d'événements laissant entrevoir une menace plus large que fait peser la République islamique sur les Canadiens et notre sécurité nationale.

Un rapport top secret datant du mois d'avril, obtenu par Global News, a révélé que le Centre canadien d'évaluation intégrée des menaces avait mis en garde contre la « possibilité réelle » que l'Iran ordonne à des acteurs criminels agissant pour son compte de mener des attaques contre la communauté juive du Canada.

Le mois suivant, les autorités américaines ont arrêté en Turquie un membre d'un groupe mandataire soutenu par un régime islamiste qui aurait ordonné à des criminels de prendre pour cible des lieux de culte juifs en Europe et qui s'était vanté d'être à l'origine des fusillades perpétrées dans une synagogue de Toronto et au consulat américain.

La police de Toronto a ensuite arrêté plusieurs suspects qui auraient été engagés pour ouvrir le feu sur le consulat américain et des synagogues de l’agglomération de Toronto. Les enquêteurs ont indiqué que les tireurs qui ont attaqué le consulat avaient été recrutés via des applications de messagerie cryptées et n’avaient été payés qu’après avoir transmis une vidéo des attaques. Au cours de l’enquête, l’agent de police de Toronto Marc Pinizzotto a été abattu, ce qui nous rappelle les risques extrêmes que courent les policiers et leurs familles pour assurer la sécurité des Canadiens.

Le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, a souligné que cette affaire reflétait un « mode opératoire récurrent et similaire » observé lors d’autres fusillades visant des synagogues et des écoles juives : « des criminels à la solde d’autrui ». La police poursuit son enquête pour identifier les commanditaires de ces attaques, mais la secrétaire d’État chargée de la lutte contre la criminalité, Ruby Sahota, a déclaré devant le Parlement que les auteurs des coups de feu tirés contre les synagogues de Toronto avaient été recrutés et rémunérés par une « entité étrangère ».

Alors que les Canadiens doivent assembler eux-mêmes les pièces de ce puzzle, les alliés du Canada ont clairement établi le lien entre la violence antisémite, les éléments criminels nationaux et la République islamique.

En 2023, le ministre britannique de la Sécurité, Tom Tugendhat, avait averti que le régime islamique recrutait des éléments criminels pour surveiller les Juifs britanniques dans le cadre des préparatifs d’une éventuelle campagne d’assassinats visant des personnalités de la communauté juive. La semaine dernière, le Royaume-Uni a adopté une législation antiterroriste de grande envergure, comprenant des mesures visant à démasquer et à contrecarrer les États étrangers qui se cachent derrière des groupes mandataires, le crime organisé et des sociétés écrans pour mener des activités hostiles.

En 2025, l'Australie a expulsé l'ambassadeur de la République islamique après que les services de renseignement du pays ont découvert que le régime était à l'origine d'au moins deux attaques violentes visant la communauté juive, pour lesquelles il avait également fait appel à des éléments criminels locaux.

En mars, un nouveau groupe terroriste soutenu par un régime islamiste, Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia, a revendiqué avoir ordonné à des éléments criminels de mener des attaques à travers l'Europe : une synagogue, une école juive et un centre commercial aux Pays-Bas ; des agressions à l'arme blanche au Royaume-Uni ; ainsi que des sites en Grèce et en France.

La caractéristique principale de la campagne terroriste mondiale menée par la République islamique réside dans le lien de plus en plus étroit entre le terrorisme international et la criminalité nationale. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur des agents animés par des motivations idéologiques, l'Iran recourt de plus en plus à des réseaux criminels comme intermédiaires, exploitant des systèmes financiers illicites et confiant la perpétration d'actes terroristes à des jeunes locaux.

L'approche du Canada en matière de lutte contre le terrorisme doit évoluer pour s'adapter à cette nouvelle réalité. Il s'agit notamment d'empêcher les agents des régimes islamistes et leurs mandataires d'entrer au Canada ou d'y mener des activités, de démanteler les réseaux financiers et de cryptomonnaie utilisés pour financer des attentats, et de lutter contre la radicalisation qui pousse des personnes vulnérables à rejoindre des organisations tant terroristes que criminelles.

Trente-deux ans après l'attentat de Buenos Aires, la menace iranienne a évolué. Si le Canada souhaite réellement empêcher un nouvel attentat, notre stratégie antiterroriste doit elle aussi évoluer, et ce, rapidement.

National Post

Noah Shack est Chef de la direction Centre consultatif des relations juives et israéliennes.

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Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes est l'agence de représentation de Fédérations juives du Canada -UIA, représentant Fédérations juives tout le Canada.