93 ans plus tard, Christie Pits a encore une leçon à donner au Canada
Ce jour-là, il y a quatre-vingt-treize ans, les Christie Pits de Toronto ont été le théâtre de l'une des plus importantes flambées de violence collective de l'histoire du Canada.
Des sympathisants nazis ont perturbé un match de baseball, brandissant des croix gammées et scandant « Heil Hitler ». Plus de 10 000 personnes ont été prises dans ces violences. Mais les « Juifs canadiens » n’étaient pas seuls. Les Italo-Canadiens, qui subissaient eux aussi des discriminations, se sont battus à leurs côtés.
Dans le National Post, notre Chef de la direction Noah Shack revient sur les leçons à tirer des émeutes de Christie Pits et explique pourquoi le soutien des alliés est plus important que jamais. C'est également une leçon sur l'importance de s'attaquer aux causes profondes de la violence avant qu'il ne soit trop tard : les autorités et les élus avaient reçu de nombreux signaux d'alerte, mais l'acceptation croissante d'une idéologie extrémiste étrangère a permis à la haine de s'intensifier.
Également dans cette lettre d'information : Découvrez comment vous pouvez vous opposer à la motion BDS qui divise le Conseil municipal de Montréal ; apprenez comment le plaidoyer de notre communauté contribue à renforcer la lutte contre les crimes de haine en Ontario ; découvrez une nouvelle étude commandée par le gouvernement établissant un lien entre l’activisme anti-israélien et la montée inquiétante de l’ antisémitisme e sur les campus ; et découvrez en avant-première un nouvel ouvrage révélant l’histoire méconnue de l’aide apportée par les Philippines aux Juifs pendant l’Holocauste — sauvant ainsi plus de vies qu’Oskar Schindler.
L'équipe du CIJA
Le 16 août 1933, le grand-père de Noah Shack, notre « Chef de la direction », faisait partie des nombreux Torontois qui s'étaient rassemblés à Christie Pits pour ce qui aurait dû être une nouvelle soirée estivale de baseball.
Au lieu de cela, des jeunes hommes ont déployé une banderole arborant une croix gammée nazie de fabrication artisanale, ont crié « Heil Hitler » et ont nargué les spectateurs juifs. Des violences ont rapidement éclaté.
Mais « Juifs canadiens » n'était pas seule. Les Italo-Canadiens se sont joints à elle pour riposter.
Quatre-vingt-treize ans plus tard, Noah revient dans le *National Post* sur la leçon intemporelle tirée de Christie Pits : lorsque des extrémistes répandent la haine et introduisent des idéologies dangereuses au sein de nos communautés, tous les Canadiens doivent faire front commun.
Lisez la tribune libre de Noahet découvrez deux organisations qui mobilisent des milliers de Canadiens pour lutter contre l’extrémisme et l’ antisémitisme.

En juin, des milliers de citoyens ont fait entendre leur voix et ont contribué à empêcher que la motion BDS de Projet Montréal, source de division et de polémique, ne soit adoptée par le Conseil municipal.
Aujourd’hui, cette question est de nouveau à l’ordre du jour. Le 24 août, les conseillers municipaux de Montréal auront le choix : donner la priorité aux Montréalais ou soutenir un programme qui sème la discorde et ne fera qu’attiser davantage les tensions dans notre ville.
Ces événements surviennent dans un climat déjà très tendu, marqué notamment par des incendies criminels contre des synagogues, l'accrochage d'une effigie représentant un Juif dans nos rues et des agressions violentes visant des membres de la communauté.
Nous avons besoin de votre aide. Envoyez un message à Projet Montréal et à tous les élus municipaux : retirez cette déclaration ou rejetez-la catégoriquement.

À la suite d'une manifestation haineuse organisée le 15 mars contre la communauté juive de Toronto — au cours de laquelle ont été utilisés des tracts de propagande et des pancartes évoquant l'époque nazie —, le CIJA s'est joint à la Fédération UJA, au B'nai Brith Canada et à des milliers de Torontois pour exiger que des mesures soient prises.
La mobilisation collective de notre communauté a contribué à susciter une réaction plus ferme. La police de Toronto a mis en place une unité de sécurité antiterroriste et lancé la « Task Force Guardian », tout en émettant une directive visant à adopter une approche plus stricte face aux manifestations ciblant les communautés juives.
Le week-end dernier, la police a arrêté et inculpé deux autres manifestants, portant ainsi le total à huit. La police a également inculpé récemment un éminent leader du mouvement de protestation pro-palestinien pour des liens présumés avec le Hamas.
Il y a quelques jours à peine, le gouvernement de l'Ontario a annoncé la création d'une unité spécialisée dans les poursuites pour crimes de haine, à la suite de l'adoption de la motion d'initiative parlementaire de la députée provinciale Michelle Cooper, que notre communauté a soutenue.

Au début du mois, l'organisme « Government du Canada » a publié une étude nationale faisant état de l'antisémitisme e au sein des universités canadiennes.
96 % des étudiants juifs ont été victimes ou témoins d'au moins un incident antisémite au cours de l'année écoulée, dont beaucoup impliquaient des professeurs et des membres de l'administration.
Elle a également constaté que le militantisme anti-israélien et l'antisionisme sont à l'origine d'une grande partie de la discrimination dont sont victimes les étudiants juifs.
À l'occasion de la publication du rapport, Alexa Barrett-Taller, ancienne étudiante de l'université Carleton, a partagé un témoignage personnel poignant. Après qu'un professeur eut imputé aux Juifs la responsabilité de l'attaque terroriste du 7 octobre menée par le Hamas et qu'Alexa eut signalé l'incident, ce professeur a par la suite invité une personne accusée de terrorisme à s'adresser à la classe.
Ces conclusions exigent que des mesures soient prises. C’est pourquoi le CIJA s’est associé au Centre des Amis de Simon Wiesenthal et à B’nai Brith Canada pour appeler les gouvernements et les responsables universitaires à lutter contre l’ antisémitisme e sur les campus.

La semaine dernière, le CIJA et le Centre d’éducation sur l’Holocauste de Vancouver ont organisé une rencontre exceptionnelle avec l’auteur philippino-canadien Mark Sy, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, *The Manila Poker Club : Eisenhower, Quezon et le projet d’accueil des Juifs d’Europe aux Philippines*.
Cet ouvrage met en lumière un chapitre remarquable et méconnu de l'histoire : un plan audacieux élaboré au cours de parties de poker tardives qui a finalement permis à plus de 1 300 réfugiés juifs européens de trouver refuge aux Philippines — sauvant ainsi davantage de vies juives qu'Oskar Schindler.
David Decolongon, membre du CIJA issu de la communauté philippine, a animé la discussion, mettant en évidence les liens profonds qui unissent nos deux communautés. Cette histoire illustre parfaitement la valeur philippine du « kapwa », c’est-à-dire notre humanité commune, qui a donné lieu à cette extraordinaire histoire de solidarité et de sauvetage de vies juives.

